
Le 7 mai 1990, M. Marcel Masse, Ministre des Communications à Ottawa, convoquait les supérieur(e)s majeur(e)s de Montréal pour donner un nouvel essor à la préservation du patrimoine religieux et intéresser un public de plus en plus nombreux à notre héritage.
Lors de cette rencontre, une intervention audacieuse demandait au ministre s'il n'y aurait pas lieu d'établir un musée religieux à Montréal, attendu la forte concentration de Congrégations religieuses en ce lieu. Cette idée a été très bien accueillie au ministère. Aussi, il nous a été demandé de former un comité d'étude composé de représentants des communautés et des représentants du ministère pour donner suite à cette rencontre.
La première étape consistait surtout à conscientiser les communautés et à nommer un répondant pour chaque congrégation dont la tâche serait de :
Quelle était la valeur de ce patrimoine? Combien de collections, d'objets d'art avions-nous ? Serions-nous disposés à déposer nos trésors dans un lieu de réserve ? etc. M. Masse a donc autorisé une étude de pré-faisabilité d'un musée religieux. Mme Nicole Lemay a été chargée de cette étude. À la fin d' avril 1991, un dossier de près de 300 pages a été déposé au Ministère. Grâce à cette étude, bien des éléments de notre histoire sont entre nos mains. Il ne s'agit pas tellement d'un «patrimoine à conserver mais plutôt un trésor à faire connaître et à utiliser pour la nouvelle évangélisation.» (Lettre du 10 avril 1994, Jean-Paul II).
La mutation de M. Masse à un autre ministère a éloigné, pour un temps, la question de Musée, lieu de réserve, au grand soulagement des supérieurs majeurs qui n'étaient pas prêts à cette solution d'envergure. Toutefois, les Congrégations avaient du moins, mieux compris la nécessité de veiller davantage à ce patrimoine.
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| Musée des Hospitalières de l'Hôtel-Dieu de Montréal - Escalier de La Flèche |
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| Fonds, archives des Filles de Jésus - Couvent des Filles de Jésus à Saint-Stanislas |
1992 marque le 350e de la fondation de Montréal. Mme Lemay avait été chargée de planifier une exposition sur l'impact des communautés religieuses dans l'histoire de Montréal. Cet événement confirme le caractère apostolique du patrimoine religieux comme le disait le Pape Jean-Paul II dans sa lettre du 10 avril 1994. Bien des gens redécouvraient leur histoire. L'exposition a été subventionnée entièrement par le Musée David Stewart, le Ministère des Communications d'Ottawa et le Ministère de la Culture par l'entremise de Corporation Montréal.
Le Comité provisoire du Patrimoine religieux, composé maintenant de représentants de diverses régions du Québec, continue toujours son travail de conscientisation et de formation. Son Mandat : un rôle de veilleur et d'animation dans chaque congrégation.
Entre temps, grâce au RCIP (Réseau Canadien d'Information sur le Patrimoine) quelques congrégations de Québec, de Trois-Rivières et de Montréal reçoivent de l'aide pour informatiser leurs collections. Il reste à souhaiter que ce travail soit fait sur une plus grande échelle. Cette solidarité entre nous s'avérant positive, il nous a semblé bon de créer une Corporation qui serait en fait notre porte-parole auprès des diverses instances intéressées à ce dossier.
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| Intérieur de la chapelle de la Maison provinciale des Servantes du Saint-Coeur de Marie, 37 avenue des Cascades, Québec. |
Le 31 août 1995, nous recevons les Lettres patentes de Mission Patrimoine Religieux, une corporation pour l'ensemble du Québec. Elles ont été déposées au registre le 8 septembre 1995 sous le matricule 1145014552. Les signataires sont M. Jean-Claude Trottier, s.m., président de la CRC-Q (Conférence Religieuse Canadienne - région de Québec), M. André Bellefeuille, f.i.c., président de l'ASMDQ (Assemblée des supérieur(e)s majeur(e)s du diocèse de Québec) et de Ghislaine Roquet, c.s.c., présidente de l'ASMDM (Assemblée des supérieurs majeurs du diocèse de Montréal).
C'est une étape importante qui arrive à point avec les subventions récentes du Ministère de la Culture mais l'urgence de la situation ne nous permet pas de ralentir notre rythme de croisière et les questions sont là, très bien posées par Monsieur Jean Simard :
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| Soeurs de la Charité de Québec - Portrait de Mgr Pierre-Flavien Turgeon (1787-1867), une peinture polychrome réalisée par Théophile Hamel (1817-1870). |
Cette première assemblée générale de MPR permet de remercier les collaborateurs qui ont cru à la nécessité de se solidariser et d'arrêter l'hémorragie de la dispersion du patrimoine religieux. Lors d'une assemblée de Supérieurs majeurs en 1994, M. Louis Dugal disait: On n'a pas le droit de tronquer l'histoire, de l'amputer d'éléments importants en détruisant des objets qui sont autant de liens dont l'histoire est tissée. À moins que l'on cherche à créer des emplois pour l'archéologie dans quelques décades... à nous de répondre.
En 1995, survient une entente sur le développement culturel entre la Ville de Québec et le Ministère de la Culture et des Communications.
Le 11 juillet 1996, la Ville de Québec octroie à notre association un montant de 10,000$ comme budget de partance. Avec les conseils de Monsieur Robert Caron, l'accent est mis sur les ressources professionnelles pour élaborer un plan d'action triennal.
MPR compte 20 religieux et religieuses qui ont participé au premier congrès. Le 21 octobre 1996, un premier noyau est formé qui élit un comité régional provisoire dans les personnes de Soeur Rita Caron, augustine de l'Hôpital général de Québec, Marie-Berthe Bailly, du Musée Bon-Pasteur, toutes deux membres du conseil d'administration de MPR et de Soeur Michelle Leblanc, du Monastère des Ursulines.
Madame Lise Drolet, conseillère en patrimoine, est chargée de ce projet. Elle rencontre plus de 15 représentantes responsables de leur patrimoine communautaire respectif et, le 27 mai 1998, présente au groupe la version préliminaire du plan triennal d'action.
Madame Lise Drolet donnera son rapport final en fin de décembre 1998.
Cette dernière réunion d'octobre 1998 marque le départ définitif de notre action concrète pour les années à venir. Mission Patrimoine Religieux est en marche.